Histoire de la
Poste

Des Origines à nos jours

Histoire de la Poste

Le prodigieux parcours d’une des branches de l’entreprise née de la transformation des services de l’Office Equatorial des Postes et Télécommunications (OEPT) près la République gabonaise, en Office des Postes et Télécommunications de la République gabonaise (OPT), par la loi n°14/64 du 29 octobre 1964 s’apparente, à bien des égards, à une véritable saga.

Entrée en application pour compter du 1er janvier 1965, la loi susmentionnée faisait de l’entité OPT « un établissement public à caractère industriel et commercial, doté de la personnalité civile et de l’autonomie de gestion financière. »(art.1. al.2). Comme tel, cet établissement est chargé, grosso modo, de l’exploitation du service public des Postes et Télécommunications, de la gestion de la Caisse d’Epargne Postale, de la préparation et de l’exécution des plans d’équipement des Postes et Télécommunications (art.2).
Car depuis lors cette entreprise a fait son petit bonhomme de chemin. Elle a connu bien de péripéties qui ont bien failli la faire disparaître des registres du Commerce; avant d’être, pour raison de survie, finalement scindée en deux entités distinctes en 2001. L’une d’elle nous intéresse particulièrement : c’est  la Poste SA. Il nous plaît ici de revenir sur son fabuleux parcours depuis 2001. Car, entre-temps, cette Société anonyme s’est agrandie en donnant naissance à d’autres entités, au point de devenir un Groupe.

Raison sociale

LA POSTE gabonaise, comme la plupart des services de poste du monde, a pour cœur de métier l’acheminement des lettres et colis, l’offre de boîtes postales, les prestations de la Caisse d’épargne postale. Pendant longtemps, la Poste gabonaise va s’y conformer et ces services vont longtemps symboliser son cœur de métier.

Mais ce qui avait été jusque- là un « îlot » tranquille va soudain connaître l’une des plus importantes mutations de son marché depuis l’invention de l’ordinateur.

Mutations du marché

A l’exception de son activité de la Caisse d’épargne postale, qui souffrait de la concurrence des banques, l’Office des postes et Télécommunications a disposé d’un monopole dans ce qui constitue son cœur de métier. Seule sa gestion va constituer un réel problème pour elle, pendant des années. Et comme si cela ne suffisait pas, les mutations de l’environnement social et économique, national et international, vont peu à peu aggraver sa situation.

En effet, alors que l’étroitesse du marché gabonais et la difficile rémunération des comptes de dépôts n’avaient cessé d’altérer la santé de cette entreprise que survinrent la téléphonie mobile et l’internet. Leurs effets induits furent immédiats : de plus en plus les sms et autres mails remplacent la lettre classique ; ce qui entraîne une baisse vertigineuse de l’activité principale de La Poste.

Et cela s’entend : plutôt que d’attendre un message qui met un mois ou plus à parvenir à son destinataire, l’on se tourne vers la téléphonie mobile et internet, plus accessible aux Gabonais que le téléphone d’antan.

A l’exception de son activité de la Caisse d’épargne postale, qui souffrait de la concurrence des banques, l’Office des postes et Télécommunications a disposé d’un monopole dans ce qui constitue son cœur de métier. Seule sa gestion va constituer un réel problème pour elle, pendant des années. Et comme si cela ne suffisait pas, les mutations de l’environnement social et économique, national et international, vont peu à peu aggraver sa situation.

En effet, alors que l’étroitesse du marché gabonais et la difficile rémunération des comptes de dépôts n’avaient cessé d’altérer la santé de cette entreprise que survinrent la téléphonie mobile et l’internet. Leurs effets induits furent immédiats : de plus en plus les sms et autres mails remplacent la lettre classique ; ce qui entraîne une baisse vertigineuse de l’activité principale de La Poste.

Et cela s’entend : plutôt que d’attendre un message qui met un mois ou plus à parvenir à son destinataire, l’on se tourne vers la téléphonie mobile et internet, plus accessible aux Gabonais que le téléphone d’antan.

Nécessité des réformes

La crise des années 1980 pose déjà la nécessité des réformes, aussi bien dans la gestion que dans l’offre des services postaux et des télécommunications. L’entreprise OPT se doit donc d’être restructurée. Confrontée à la nécessité d’équilibrer ses comptes au risque de déposer le bilan à la longue, La Poste doit alors résoudre un paradoxe qui est pour elle un problème économique, avec pour enjeu son équilibre financier. Avec un encours sur les livrets d’épargne de 35 milliards de F CFA en 2012, La Poste ne pouvait pas faire des emplois avec cet argent, cependant elle devait servir 900  millions d’intérêts chaque année.

En clair, La Poste, grand collecteur de l’épargne des ménages, ne pouvait pas, en tant que Poste, en faire un usage optimal ; ce qui revenait à thésauriser cette épargne. Il fallait donc sortir de ce dilemme.   En 2006, le Conseil des ministres du 23 mars ne voit plus que deux solutions possibles : la liquidation pure et simple de cette entreprise ou sa restructuration. La liquidation d’une société en situation de monopole représentait un problème politique majeur. Non seulement elle serait perçue comme une preuve, de plus, de la mauvaise gestion de nos entreprises publiques, mais en plus elle permettrait aux investisseurs souvent étrangers, de reprendre cette même entreprise et d’engranger des bénéfices colossaux, sans oublier le coût social d’une telle politique.

En revanche, l’option de la restructuration avait le mérite de conforter l’opinion ; mais laissait plus d’un pessimiste, en raison de nombreux précédents. Au final, c’est cette seconde option qui fut retenue. Restait encore à trouver une équipe capable de garantir une alternative crédible à la privatisation de cette entreprise. Que fallait-il faire pour sauver la poste?  

Stratégies mise en place

Pour ce faire, le gouvernement opte pour une politique de réformes efficace et des plus inattendues : l’éclatement de l’Office des postes et télécommunications (OPT) et sa transformation en deux sociétés distinctes dénommées, l’une, Gabon Poste SA et, l’autre, Gabon Télécom SA. L’accord du Parlement à ce projet gouvernemental est consacré par la loi n°4/2001 du 27 juin 2001 « Portant réorganisation du secteur des postes et du secteur des télécommunications en République gabonaise». Il faut voir dans cette stratégie d’éclatement de l’ancien OPT, une politique de rationalisation évidente : séparer l’activité Télécom des activités Poste et Caisse d’épargne postale. Dans le fond, cette décision permettait à chacune des deux nouvelles structures de se concentrer sur un métier principal, appelant une stratégie personnalisée et un business-plan propre. Gabon Poste, comme sa consœur Gabon Télécom, va donc apprendre à faire cavalier seul en prenant son destin en mains.

La loi n°4/2001 du 27 juin 2001 susmentionnée consacre la transformation de l’OPT en deux entités distinctes (art. 11). Elle dispose (art. 11. al. 1er), à cette fin, que «Les activités du secteur des postes sont assurées par un opérateur principal des postes, société anonyme dénommée Gabon Poste.» Conséquemment (art. 7), « La Caisse d’épargne postale est dissoute. Les activités, les biens et les personnels de cet établissement public sont transférés à l’opérateur principal du secteur des postes. » A l’inverse (art. 11. al.2), « Les activités du secteur des télécommunications sont assurées par un opérateur principal des télécommunications, société anonyme dénommée Gabon Télécom. » Gabon Poste se trouve investie par la loi de la mission de gérer et d’exploiter le service public des postes (art. 25), sur la base d’une convention de délégation dudit service (art. 26), aux fins de réaliser les missions de l’Etat en ce domaine, et plus généralement en ce qui concerne sa politique d’aménagement du territoire (art.27).   Les responsables de Gabon Poste décident alors   de restructurer cette société en la subdivisant en un ensemble d’entreprises. L’idée d’une banque postale est alors reprise et le travail accompli en ce sens finit par aboutir lorsque, le 04 août 2011, l’entreprise obtient l’agrément pour la création d’une banque postale. Les actes constitutifs de la Banque postale sont alors déposés au greffe du tribunal de commerce de Libreville le 14 septembre 2011. Suivent ensuite la création, en 2012, des entités Poste @NET, Poste IMMO, Poste MAIL SA, toutes propriété de La Poste SA. Ainsi chaque entité du groupe dispose d’une personnalité juridique propre et d’activités qui constituent son cœur de métier, au-delà des liens qui existent ou qui peuvent naître entre elles. Au terme de cette stratégie consistant à ériger certaines branches et activités de Gabon Poste en sociétés à part entière, cette entreprise en sort avec la structure d’une Holding. Mais les mauvaises habitudes vont vite refaire surface.

Si les Dirigeants de l’époque ont eu la bonne idée de créer une banque postale afin de réaliser l’inclusion financière des Gabonais, il reste qu’une banque est un métier, et l’un des métiers les plus codifiés au monde. La poste a décidé de faire la banque avec les postiers qui ne disposait pas à l’époque de procédures et d’expériences nécessaires pour faire face au marché. N’ayant pas respecté un certain nombre de ratios prudentiels exigés par la COBAC, la Banque va péricliter et tomber en faillite en Octobre 2015. Toutes les agences se trouvent en cessation de paiement, faute de liquidités. L’Etat, actionnaire unique de la Poste, procède alors le 15 octobre à un changement de manager et nomme au poste de Président Directeur Général de la Poste SA, Michael Adande, économiste de formation. Michael Adande venait ainsi de la Banque d’Investissement des Etats de l’Afrique Centrale où il a représenté le Gabon en qualité de Président de cette institution internationale, durant 5 ans. Haute Cadre à la BEAC (banque des Etats de l’Afrique Centrale durant 18 ans et au Fonds Monétaire International, son expérience était attendue pour redresser la maison Poste. 

Il arrive donc à la Poste SA à un moment important de cette entreprise où les difficultés financières sont notoires, traduites par la fermeture des guichets de sa filiale bancaire, faute de trésorerie pour les opérations courantes, et par l’impossibilité à garantir le paiement réguliers des salaires du personnel. Des faits, révélateurs de plusieurs déséquilibres, dont la perte totale des capitaux propres des entités du Groupe, entrainant une situation de quasi-faillite. Un plan de redressement va donc être élaboré, à travers une méthode, le management participatif, notamment avec la tenue hebdomadaire d’un comité de direction, puis la mise en place des commissions de travail. Ainsi, durant un an, les postiers vont ensemble dresser un état des lieux de l’entreprise, service par service et formuler en toute collégialité et responsabilité, des préconisations à court, moyen et long terme, pour corriger les différents points de fragilité constatés.

L’un des constats faits c’est qu’il y a un marché potentiel qui est là, mais il faut l’organiser. La Poste en 2015 disposait de 60000 comptes courants particuliers, 3000 comptes entreprise, 150.000 comptes d’Epargne sur livret appartenant à la Poste, 18000 fonctionnaires bancarisés. Que fallait-il faire?

Le Comité de direction estime que l’une des faiblesses du Groupe, c’est sa voilure. Elle est trop grande. Les filiales, créées pour être des centres de profit se sont révélées être des centres de coût importants qui ont plongé La Poste SA dans d’énormes dettes. Et Postebank, qui devait être la locomotive croupit sous un déficit de 47 milliards à fin décembre 2015 et une dette fiscale et sociale de 2,028 milliards de francs CFA, des ratios prudentiels en dessous des normes réglementaires et en constante dégradation, un système d’information poreux et une mauvaise organisation des ressources humaines.

Les filiales étant dissoutes, la Poste SA va  évoluer sur deux piliers: un pilier postal et un pilier financier. Entre la Liquidation et la restructuration les pouvoirs publics optent pour la restructuration de la Poste SA, afin de sauver les emplois, la structure bancaire, PosteBank est liquidée par la COBAC, une nouvelle structure financière est proposée à l’Etat, Poste Finance, un établissement de micro finance de deuxième catégorie.

Pour arriver à ce résultat, il a fallu passer par plusieurs étapes notamment la mise en place de nombreuses procédures, un système d’information intégré et sécurisé et surtout un réseau unique de télécommunications privé qui permet la même qualité de service dans les 52 agences disséminées à travers le territoire.

 

En attendant l’agrément de la COBAC, le pilier financier de la Poste a retrouvé la confiance des clients et des opérateurs économiques. Les salaires des fonctionnaires sont payés régulièrement sans aucune difficulté, les dysfonctionnements d’autrefois sont relayés aux calendes grecques, la Poste a renoué avec certains services, comme des avances sur solde pour les fonctionnaires, bref, on entrevoit déjà le bout du tunnel reste que la prudence est de mise, le pied solidement sur le frein pour éviter à nouveau une accélération vers le précipice. Et les postiers, à l’unisson, animés d’un nouvel état d’esprit, ont décidé ensemble de faire évoluer leur entreprise vers la modernité, en créant tous autour de leur bien commun, une véritable chaine d’union.

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